STOP A LA LOI DU SILENCE

dimanche 17 septembre 2017

Qui entendra ma peine ? samedi 13 août 2016

Ma cigarette se consume dans le cendrier
Je regarde la fumée monter vers les sommets
Volutes, l’une après l’autre, ne laissant que des cendres
Vie en suspension, aux enfers me fait descendre
Jean-Luc, je suis seule sans toi
Je me demande ce que je fais là
Comme chacun, je porte en moi ma croix
Dieu qu’elle est lourde en ces jours de doute
La grande faucheuse a fait son office tant de fois
Elle a suivi sans sourciller sa longue route
Elle m’a tout pris, je n’ai plus confiance en moi
Le tsunami du suicide de Céline m’avait brisé le cœur
Je porte toujours en moi les affres de ce grand malheur
Chaque jour  Jean-Luc, tu m’as aidé à réapprendre la vie
Tu étais ma béquille, mon écho, ma planche de survie
J’ai avancé avec toi sur une route sinueuse
Où l’Alzheimer de maman m’avait rendu peureuse
De ses crises de larmes à ses crises de démence
Mon enfant, combien de fois ai-je pensé à toi
Lorsque tu passais tes colères sur moi, je restais là
Au bout d’un temps tu revenais t’enlacer dans mes bras
Que d’amour, même dans tes crises, j’ai vécu avec toi.
Borderline tu étais et le 30 août 2005 tu as décidé d’arrêter le temps
Le 2 mars 2011 maman s’est éteinte, venant à bout de ses tourments
Et puis voilà que toi, Jean-Luc,  ma béquille, mon amour
Tu t’es fait vampiriser, la maladie nous a pris de cours,
Le cancer était là, tu t’es soumis aux prescriptions sans broncher,
Chaque jour de tes soins, j’étais là près de toi
Lorsqu’est venue l’annonce de la rémission, on a bien cru gagner
Cette victoire éphémère,  l’avons trinqués deux fois
Fêter à deux puis en famille, c’était si bon de croire au mirage
Malheureusement, la « bête » avait fait des métastases
Tu as repris le combat mais en ton corps grondait déjà l’orage
L’orage brisant tes forces et ta volonté,  te broyait sous la douleur
Jamais tu ne t’es plaint même en cette semaine
Où réunis autour de toi, tous, nous taisions notre peine
Où par moment, face au dictat des soignants,  j’éclatais de fureur
Nous savions tous que nous vivions près de toi, tes derniers instants
C’est en ce 1er mai que tu m’as quitté, ta mort s’ajoutant à mes tourments
Vers qui me tourner désormais lorsque les affres du temps
Persécutent, au rythme des souvenirs, mon cœur dans son isolement
Même ceux que j’adore, mes enfants, mes tout petits
Ne peuvent me faire supporter  l’injustice de la vie

jeudi 14 septembre 2017

Pas de nuit étoilée !





L’automne est arrivé inexorablement, comme chaque année

Mais cette année, j’essaye de faire face à la nuit qui envahit ma vie

La nuit où je vis ces moments furtifs qui respirent tant l’ennui

Tu n’es plus à mes cotés, je me lève, sans toi je suis condamnée

Une grosse chaine bruyante entrave mon pied

Pourtant je ne suis pas passée de l’autre coté

Et je suis à l’état de fantôme, mon corps s’affaisse déjà

Où est donc passé ma volonté de vivre, mon habileté au combat

Tu m’avais promis, tu m’as lâchée, tu n’avais pas le droit

Je t’en veux, sans pouvoir y croire, c’était pas dans le contrat

« Je te survivrai » m’affirmais tu, cela me glace d’effroi

En ce matin du 1er mai quand j’ai ouvert les yeux tu étais déjà froid

J’ai pas pu te retenir, j’ai pas pu t’enlacer, tu es parti sans moi

Chaque soir la nuit, je scrute le ciel…une demie lune et puis rien…

Mes yeux s’embrument, je cherche un signe, tout cela en vain

Où es-tu mon amour ? Se peut-il que ma toison de certitudes se soit envolée

Où es-tu mon amour ? Se peut-il qu’on m’ait menti durant toutes ces années

C’est pas possible, dis-moi, c’est parce que le ciel est voilé

Dis ! Bientôt, je le retrouverai, notre beau ciel étoilé

Dis-moi , explique moi je t’en supplie si je peux espérer

Où alors mon fantôme est juste bon à te pleurer

C’est quoi mon avenir, regarder le passé

Un sanglot dans la voix, refuser de rêver…

mardi 12 septembre 2017

LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE



Monsieur le Président, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être….(sûrement pas)…

Chaque jour m’apporte mon lot de colère et de révolte…et puis je fais comme tout le monde, je mets mon mouchoir dessus, je me tais et j’attends…

Aujourd’hui, j’ai envie de hurler pour ces deux jeunes militaires qui se sont récemment suicidés. Deux fonctionnaires de l’Etat, sacrifiés face à l’inhumanité de leur situation…

Deux personnes tenues au silence et à l’obligation de réserve…
Peuvent pas se plaindre ces gens…Pas d’issue… Mourir pour que tout cela s’arrête ! 

Et combien de flics et combien de gendarmes sont dans une situation inextricable en ayant juste le droit de « saluer » l’ordre et de l’appliquer.

Jetons un voile discret sur le nombre de gendarmes et de policiers qui se sont suicidés depuis une décennie. Sauf qu’il en est qui n’en peuvent plus de se taire :


Et si on allait plus loin, quelle est la situation des fonctionnaires d’Etat à l’heure actuelle. La réforme de la décentralisation en 1982 était une bonne réforme qui permettait aux citoyens d’avoir des services publics de proximité.


Pourquoi cette belle réforme a-t-elle été biaisée, galvaudée… Pourquoi les Collectivités Territoriales ont –elles été assaillies par des transferts de compétences qui n’avaient d’autre objectif que de « dégraisser » la Fonction Publique d’Etat.

Parallèlement les dotations financières de l’Etat, qui devaient être compensatoires, sont-elles devenues « peau de chagrin ».

On peut crier à l’escroquerie de masse !  Car transfert de compétence = transfert du personnel d’Etat qui avait pour mission cette compétence.

Et maintenant, on ose dire qu’il y a trop de personnels dans les communes, dans les EPCI, dans les Départements, dans les Régions !

Il est honteux de prendre les français pour des abrutis : par exemple la disparition de la taxe d’habitation « Superbe effet de COM ». Le problème est que cette taxe était vitale pour l’ensemble des Collectivités Territoriales : ce n’est pas l’Etat qui sera impacté ! Facile de donner ce qui ne vous appartient pas…

C’est bizarre d’ailleurs que les impôts sur le revenu n’aient jamais baissé en prenant en compte ce dégraissage…pardon d’exprimer cette utopie !

Quid aussi de la Fonction Publique Hospitalière ? Combien de « burn-out », combien de suicides aussi ???

Extrait de l’article de Anne-Marie DE 

RUBIANA publié le 09/09/2016 

SUICIDE : LES PROFESSIONNELS DE SANTÉ DE PLUS EN PLUS EXPOSÉS.

Souffrance au travail, harcèlement moral, violences, personne aujourd’hui n’échappe aux risques psychosociaux un moment de sa carrière. Et ce quel que soit son poste, son grade ou son métier à l’hôpital.
Cette souffrance est très particulière chez les professionnels de santé qui placent le soin, le don de soi au-delà de toute autre considération dans leur vie professionnelle. Chaque jour, ils sont confrontés à la mort et ont des responsabilités incomparables à la plupart du répertoire des métiers hors de la santé.
Pas un jour sans qu’un « fait divers » de harcèlement ne soit vécu dans un service hospitalier. Des supérieurs hiérarchiques contraints à toujours faire plus en dépensent moins, des équipes en sous effectifs, un développement de l’absentéisme, des relations humaines dégradées… Du silence, des menaces, un déni généralisé et le passage à l’acte qui réveille les esprits. Trop tard.

Or, n’avez-vous pas annoncé, Monsieur le Président, que vous alliez vous pencher sur le statut de la Fonction Publique qui est « si avantageux pour les fonctionnaires ???

Je ne peux terminer mon propos sans parler des événements dramatiques qui viennent de ravager l’outre mer.

QUID de la réaction de la France face à l’imprévisible (pourtant annoncé) avec le drame récent que nous avons pu suivre, atterrés, sur nos téléviseurs…

D'une "intensité sans précédent sur l'Atlantique", l'ouragan IRMA s'est abattu mercredi 6 septembre sur les îles françaises Saint-Barthélemy et Saint-Martin, où il a détruit à 95% la deuxième île et entraîné la mort de six personnes. Quelques heures plus tard, les îles Vierges britanniques étaient à leur tour touchées.

En visite ce mardi 12 septembre à Saint Martin, votre discours a été de vous justifier sur l’action gouvernementale : quand donc vous poserez vous les bonnes questions DES MOYENS disponibles… 

Faites-vous des économies sur notre sécurité Monsieur le Président ? Il suffit de regarder ce qui se passe dans une profession qui devrait être prioritaire : celle des pompiers…

Je m’arrête là car il y a tant à dire… 

Attention, je ne dis pas que les problèmes viennent de votre gouvernance, cela fait une décennie que cela dure et s’amplifie. Ce qui me révolte, c’est que vous poursuiviez cette politique catastrophique sur le service public et qu’aucune leçon ne soit tirée de constats aussi évidents.


                                                     Marie-Claude LEFRERE, fonctionnaire en retraite.